En entrant je fais face à une autre réalité japonaise : l’obsession des souliers! En effet, on ne marche pas avec n’importe quoi sur n’importe quel sol ici! Dès notre arrivée nous sommes invités à retirer nos chaussures afin de se mettre de merveilleuses gougounnes (et j’ai le chic pour porter ça, je n’arrive jamais à les garder dans mes pieds elles glissent tout le temps)! Comme plusieurs personnes risquent de venir en même temps dans ce genre d’endroit on ne prend pas de chances et on laisse une petite réserve à l’entrée…
On ne doit pas croire que nous sommes saufs avec ça! À l’intérieur de l’immense Dojo, interdit de porter des gougounnes! Je me le suis fait dire assez vite d’ailleurs, posant un pied sur le tatami en ayant complètement oublié que j’en portais! On doit donc laisser celles que l’on porte dans un autre bac..
Si on a à aller aux toilettes, par exemple, on ne doit pas souiller nos gougounnes sur le plancher des toilettes donc, bien entendu, on les retire! Mais il serait tout aussi mal de souiller nos propres pieds sur le plancher des toilettes donc, dans leur grande générosité, le personnel de l’endroit met à notre disposition d’autres gougounnes spécialement conçues pour les planchers de toilettes :
Enfin va pour les gougounnes, on finit par vivre avec ça!
Il y a aussi eu quelques moments philosophiques aujourd’hui et un de mes préférés m’a été offert par Arnaud Coursegue (15e Dan de France). Pour compléter une idée énoncée par Hatsumi Sensei il est arrivé avec une phrase très intéressante : « Ne fais rien comme ça tu es certain que tu ne va rien oublier ». En gros l’idée c’est que, parfois, des choses qu’on va faire peuvent engendrer des réactions qu’on n’attendait pas et qui peuvent rendre les choses pires qu’elles étaient donc, dans les moments d’incertitude, aussi bien s’abstenir. Côté martial on pourrait faire un rapprochement avec le fait que parfois, en appliquant une technique à quelqu’un, il y a des chances que cette personne réagisse différemment de ce à quoi on s’attendrait, il est donc doublement important de rester constamment conscient de l’autre ainsi que de son environnement. Voulant être bien certain que j’avais saisi ce qu’il voulait dire M. Coursegue m’a même fait un parallèle avec mon travail, je l’ai trouvé très sympathique d’ailleurs.
Dans la deuxième partie de la journée je me suis entraîné avec un New Yorkais prénommé Dan. Un grand jack qui pratique le Ninjutsu depuis 25 ans. Un jour, Bernard me disait qu’à une certaine époque Hatsumi Sensei avait enseigné le côté technique aux Européens et le côté Feeling aux Américains, j’ai compris aujourd’hui ce qu’il voulait dire par là! J’avais l’impression de m’entraîner avec un mollusque! Il faisait très peu de techniques mais son corps s’ajustait au moindre de mes mouvements, je m’empêtrais dans lui comme dans une toile d’araignée et plus je bougeais, plus je me sentais pris. C’était très désorientant mais aussi très enrichissant! Il m’a expliqué un ou deux trucs dont je vais tâcher de me souvenir! Va falloir que je teste un Européen maintenant pour voir la différence!
Bon bien là-dessus je vais aller compléter cette petite soirée que j’ai voulue tranquille en m’écrasant dans mon mini bain! En fait, ce qu’ils ont pris en longueur je crois qu’ils l’ont mis en profondeur! Peu importe, le corps commence à s’en ressentir un peu de ces cours alors aussi bien le gâter un peu.
Sayonara!

toi et tes bains lol
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