lundi 30 novembre 2009

Daikomyosai, jour 1

Aujourd’hui c’était la première journée du Daikomyosai. Pour ceux qui ne sont pas du Bujinkan, le Daikomyosai c’est 3 jours de séminaires spéciaux marquant l’anniversaire de Hatsumi Sensei. Vu qu’il y a vraiment beaucoup de personnes qui se déplacent pour cet événement, il a lieu dans un grand centre dédié aux arts martiaux. J’aurai certainement des images de ce centre d’ici quelques jours mais vu qu’aujourd’hui il ne faisait pas très beau à l’extérieur j’ai pris la chance d’attendre un meilleur climat et surtout un meilleur éclairage naturel qui rehaussera certainement la beauté de l’endroit.


En entrant je fais face à une autre réalité japonaise : l’obsession des souliers! En effet, on ne marche pas avec n’importe quoi sur n’importe quel sol ici! Dès notre arrivée nous sommes invités à retirer nos chaussures afin de se mettre de merveilleuses gougounnes (et j’ai le chic pour porter ça, je n’arrive jamais à les garder dans mes pieds elles glissent tout le temps)! Comme plusieurs personnes risquent de venir en même temps dans ce genre d’endroit on ne prend pas de chances et on laisse une petite réserve à l’entrée…



On ne doit pas croire que nous sommes saufs avec ça! À l’intérieur de l’immense Dojo, interdit de porter des gougounnes! Je me le suis fait dire assez vite d’ailleurs, posant un pied sur le tatami en ayant complètement oublié que j’en portais! On doit donc laisser celles que l’on porte dans un autre bac..

 

Si on a à aller aux toilettes, par exemple, on ne doit pas souiller nos gougounnes sur le plancher des toilettes donc, bien entendu, on les retire! Mais il serait tout aussi mal de souiller nos propres pieds sur le plancher des toilettes donc, dans leur grande générosité, le personnel de l’endroit met à notre disposition d’autres gougounnes spécialement conçues pour les planchers de toilettes :



Enfin va pour les gougounnes, on finit par vivre avec ça!


Revenons au Daikomyosai maintenant. Je ne saurais dire combien de fois j’ai eu la gueule qui m’a tombé aujourd’hui face aux prouesses de Hatsumi Sensei. C’est à venir le voir de près (et même de très près quand on pense que la philosophie de Bernard est de se placer de telle sorte qu’on soit toujours sur le bord lorsque Sensei fait des démonstrations) qu’on comprend pourquoi c’est lui qui est en charge. C’est un véritable virtuose, il joue et manipule les êtres humains à un point qu’on a l’impression qu’il parle à-travers eux! Même que des mots s’échappent souvent de ces humains dont il joue, ces mots étant de la famille des onomatopées rattachés à la douleur… C’est dommage qu’on ne puisse pas prendre d’images durant le Daikomyosai parce que j’aurais vraiment aimé vous montrer des gars revoler alors qu’on a l’impression que Sensei ne les touche même pas ou comment il est capable de plier quelqu’un comme s’il faisait de l’origami avec. Dire que j’en ai encore pour deux semaines à avoir des occasions de le voir à l’œuvre c’est trop fort!

Il y a aussi eu quelques moments philosophiques aujourd’hui et un de mes préférés m’a été offert par Arnaud Coursegue (15e Dan de France). Pour compléter une idée énoncée par Hatsumi Sensei il est arrivé avec une phrase très intéressante : « Ne fais rien comme ça tu es certain que tu ne va rien oublier ». En gros l’idée c’est que, parfois, des choses qu’on va faire peuvent engendrer des réactions qu’on n’attendait pas et qui peuvent rendre les choses pires qu’elles étaient donc, dans les moments d’incertitude, aussi bien s’abstenir. Côté martial on pourrait faire un rapprochement avec le fait que parfois, en appliquant une technique à quelqu’un, il y a des chances que cette personne réagisse différemment de ce à quoi on s’attendrait, il est donc doublement important de rester constamment conscient de l’autre ainsi que de son environnement. Voulant être bien certain que j’avais saisi ce qu’il voulait dire M. Coursegue m’a même fait un parallèle avec mon travail, je l’ai trouvé très sympathique d’ailleurs.

Dans la deuxième partie de la journée je me suis entraîné avec un New Yorkais prénommé Dan. Un grand jack qui pratique le Ninjutsu depuis 25 ans. Un jour, Bernard me disait qu’à une certaine époque Hatsumi Sensei avait enseigné le côté technique aux Européens et le côté Feeling aux Américains, j’ai compris aujourd’hui ce qu’il voulait dire par là! J’avais l’impression de m’entraîner avec un mollusque! Il faisait très peu de techniques mais son corps s’ajustait au moindre de mes mouvements, je m’empêtrais dans lui comme dans une toile d’araignée et plus je bougeais, plus je me sentais pris. C’était très désorientant mais aussi très enrichissant! Il m’a expliqué un ou deux trucs dont je vais tâcher de me souvenir! Va falloir que je teste un Européen maintenant pour voir la différence!

Bon bien là-dessus je vais aller compléter cette petite soirée que j’ai voulue tranquille en m’écrasant dans mon mini bain! En fait, ce qu’ils ont pris en longueur je crois qu’ils l’ont mis en profondeur! Peu importe, le corps commence à s’en ressentir un peu de ces cours alors aussi bien le gâter un peu.

Sayonara!

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